À l’occasion de la deuxième journée de l’atelier organisé par l’Institution de l’Ombudsman du Burundi à l’intention des autorités nouvellement élues, des responsables religieux, des représentants syndicaux et des organisations de la société civile, les participants ont bénéficié, ce 4 juin 2026 à Gitega, d’une formation axée sur la gestion des biens publics. L’objectif était de renforcer leurs capacités afin de prévenir les conflits pouvant naître entre les gestionnaires publics et l’État.
Dans son intervention, Eugène Sinzumusi, Chef de Cabinet a.i. de l’Institution de l’Ombudsman du Burundi, a indiqué que cette thématique a été retenue en raison des responsabilités confiées aux dirigeants dans la gestion du patrimoine public. Selon lui, la maîtrise des textes légaux qui encadrent cette gestion constitue une garantie aussi bien pour les responsables eux-mêmes que pour l’État.
Il a rappelé que les biens publics englobent notamment les équipements informatiques, les véhicules de service, les bâtiments administratifs, les ressources financières, les terres domaniales ainsi que d’autres actifs appartenant à l’État.
Eugène Sinzumusi a également souligné que les fautes commises dans l’exercice des fonctions publiques peuvent engager la responsabilité personnelle de leurs auteurs. Dans certains cas, l’État peut exercer une action récursoire afin de récupérer auprès du responsable les sommes qu’il a dû débourser à la suite d’une mauvaise gestion ou d’une faute administrative.
Par ailleurs, il a salué l’intérêt de ces sessions de formation qui permettent aux participants d’échanger leurs expériences et de renforcer leurs connaissances, d’autant plus que certains d’entre eux occupent leurs fonctions depuis peu.
𝗟𝗮 𝘁𝗿𝗮𝗰̧𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́, 𝘂𝗻 𝗽𝗶𝗹𝗶𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗽𝗮𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲
Animant cette session, l’expert Pierre-Claver Manirambona a insisté sur l’importance de la transparence et de la traçabilité dans la gestion publique. Selon lui, même lorsqu’un responsable ne maîtrise pas parfaitement toutes les procédures, le respect des lois, la documentation systématique des activités réalisées ainsi que la conservation des preuves constituent des moyens efficaces pour prévenir les erreurs et les accusations injustifiées.
Il a notamment recommandé aux responsables de documenter leurs actions par des photographies lorsque cela est possible, estimant que « Ata foto, nta cabaye », que l’on peut traduire par « Sans photo, rien ne s’est passé », une formule devenue courante pour souligner l’importance des preuves visuelles dans le suivi des activités.
L’expert a également mis en garde contre les conséquences de la mauvaise gestion des biens publics. Celle-ci peut, entre autres, compromettre la mobilisation des ressources prévues par l’État, entraîner un gaspillage des fonds publics et avoir des répercussions négatives sur l’environnement.
𝗗𝗲𝘀 𝗲́𝘁𝘂𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗮𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗿𝗲𝗻𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗿𝗲́𝗵𝗲𝗻𝘀𝗶𝗼𝗻
À travers des études de cas et des échanges interactifs, les participants ont été invités à réfléchir aux attitudes à adopter face à différentes situations susceptibles de survenir dans l’exercice de leurs responsabilités.
En guise de conclusion, Pierre-Claver Manirambona a exhorté les dirigeants à toujours agir dans la transparence, à respecter scrupuleusement les lois et règlements en vigueur et à privilégier la bonne gouvernance dans l’exercice de leurs fonctions.
Il convient de rappeler que cet atelier, initié par l’Institution de l’Ombudsman du Burundi à l’intention des autorités récemment élues, des représentants syndicaux, des organisations de la Société civile et d’autres acteurs de la vie publique, est organisé avec l’appui technique et financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).